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Édition 2025

Le festival de Grestain revient bientôt !

Rendez-vous les 8, 9 et 10 août 2025, et début avril pour la programmation

FRAGILE ET BEAU

Il aurait suffi de si peu pour baisser les bras.


Il aurait suffi de constater à quel point l’État en faillite abandonne le secteur culturel et baisse encore et toujours plus les subventions qui garantissent nos créations ; il aurait suffi de s’arrêter à ces mots, ces gestes, qui, parfois, sans qu’on ne le veuille jamais, peuvent créer entre nous des tensions malheureuses ; il aurait suffi de s’arrêter à ce commentaire, un seul mais tellement douloureux, d’une personne venue nous voir et à qui l’on a pas su faire comprendre ce que l’on cherchait à faire.


On aurait baissé les bras, on aurait renoncé, parce que c’est trop difficile ou que ça coûte trop cher ou qu’on n’est même pas sûr que ce soit vraiment utile. On a hésité, pour dire les choses franchement. C’est si fragile, un festival.


Mais n’est-ce pas justement parce que c’est fragile que c’est si beau ?
N’est-ce pas justement parce que l’État abandonne les artistes et brade la culture, notre "culture française" qui a tant alimenté de débats, trop souvent houleux, ces dernières années, qu’il nous faut agir par nous-mêmes pour la faire rayonner ?
N’est-ce pas justement parce qu’il nous arrive d’être tout simplement humains, de ne nous pas comprendre, d’être blessants ou blessés peut-être, qu’il nous faut nous dépasser, chercher plus loin pour mieux réaliser à quel point c’est beau plus loin, et merveilleux d’y aller ensemble ? N’est-ce pas justement parce que l’on a pu se faire mal comprendre qu’il faut persévérer, expliquer mieux pour partager toujours, avec tous, nos regards sur le monde, dans l’espoir, fou peut-être, que les déçus d’hier seront les heureux d’aujourd’hui ?


Oui, c’est fragile un festival comme le nôtre. Parce qu’il repose sur une économie limitée, celle des fonds propres de deux compagnies qui investissent, à perte, pour vous proposer une programmation éclectique et exigeante ; parce qu’il est animé, construit, porté par une merveilleuse équipe de bénévoles qui sont des êtres humains comme les autres ; parce qu’enfin il n’existerait pas sans vous, nos spectateurs et nos spectatrices, qui, nous l’espérons, viendrez encore nombreux cette année fêter l’été avec nous.

Oui, c’est fragile un festival comme le nôtre. Et il ne pourrait exister sans cette curiosité qui nous manque tant parfois, cette joie de découvrir et de faire découvrir, cet enthousiasme enfin, qui nous fait sortir de chez nous et embrasser le monde, alors que tout, au contraire, nous poussait à rester chez nous.


Voici les acteurs, chanteuses, musiciens et musiciennes, peintres et sculpteurs ; voici les bénévoles, la dizaine de cerveaux, la vingtaine de bras et de mains qui œuvrons pour que cela existe ; voici Jean-Sébastien et Nicolas, qui nous accueillent au sein de leur merveilleuse abbaye ; nous voici tous et toutes, ensemble, fragiles, mais fiers et heureux de vous ouvrir à nouveau nos portes.
Vous constaterez avec nous que c’est bien parce que c’est fragile que c’est si beau.

Pierre Imbert

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